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Victoire confortable mais pas définitive de Macron contre Le Pen

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Un sentiment évident de « déja vu » concernant le 23 avril 2017. Comme il y a cinq ans, le président Emmanuel Macron et l’extrême droite Marine Le Pen l’a emporté ce dimanche au premier tour de la présidentielle, selon les estimations (très exactes) des résultats. On peut reprocher beaucoup de choses au leader centriste – son bilan est plein de clair-obscur – mais il ne fait aucun doute que c’est un génie de la stratégie politique. Après 2017 et les élections européennes de 2019, il a réussi à réinstaller le duel entre macronisme et lépisme (extrême droite) dans la politique française. Une impulsion dans laquelle il a tout à gagner, mais il ne peut pas non plus se précipiter pour revendiquer la victoire.

Macron a obtenu une victoire plus confortable que prévu selon les derniers sondages – même les sondages d’opinion belges inexacts parlaient d’une égalité à 24% dimanche après-midi. Au final, le président français a été le candidat le plus voté avec 27,6% des suffrages, selon des estimations annoncées à huit heures de l’après-midi. Plus loin que prévu par les sondages, Le Pen est deuxième avec 23% des voix. L’avantage du leader centriste sera-t-il suffisant pour obtenir une réélection confortable ? Il sera connu le 24 avril (deuxième tour) au soir.

« Ne nous y trompons pas, rien n’est joué et le débat que nous aurons dans quinze jours sera décisif pour notre pays et pour l’Europe », a assuré Macron devant une centaine de supporters dans le hall d’exposition de la porte de Versailles. « Je veux convaincre dans les prochains jours que notre projet répond manière beaucoup plus solide que celle de l’extrême droite aux peurs et aux défis de notre temps », a ajouté le leader centriste au même endroit où en 2017 il avait célébré sa victoire au premier tour. Contrairement à l’époque où il était accusé d’un certain triomphalisme, Il a tenu un discours plutôt sobre.

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Pour le second tour dans quinze jours, le candidat centriste dispose de plusieurs atouts. Grâce à sa « grande coalition » entre centre-droit et centre-gauche, et bénéficiant peut-être aussi d’un effet « d’unité nationale » dû à la guerre en Ukraine, elle a augmenté son résultat 2017 de plus de trois points. les socialistes, la droite républicaine, les verts et les communistes ont demandé le vote pour lui pour faire un cordon sanitaire à l’extrême droite. « A tous ceux qui n’ont pas voté pour Macron aujourd’hui, je vous demande de rejoindre notre regroupement », a déclaré Le Pen.

« Pas de vote pour Mme Le Pen !

« Pas de vote pour Mme Le Pen ! », « Pas de vote pour Mme Le Pen ! », « Pas de vote pour Mme Le Pen ! », a crié l’insoumis Jean-Luc Mélenchon (écosocialiste) jusqu’à trois fois, la troisième homme de ces élections, qui est resté aux portes de la deuxième place, à moins d’un point du leader de la Regroupement national (RN, extrême droite). Bien qu’il ait grimpé dans les sondages depuis la mi-mars, il n’a pas obtenu le « sorpasso » tant attendu de la gauche française. Le leader de la France Insumisa a obtenu 22,2% des voix, selon les estimations. Sans doute, c’est un résultat important pour les partenaires de Podemos en Francemais insuffisant pour renverser le leader ultra.

Le candidat vétéran a bénéficié d’un puissant effet de vote utile par la gauche, laissant les cinq autres candidats progressistes avec moins de 5 % des voix (le vert Yannick Jadot avec 4 %, le communiste Fabien Roussel avec un peu plus de 2 %, la socialiste Anne Hidalgo avec 2,1 % et les deux aspirants trotskystes avec moins de 1 %). Cette dynamique a cependant été insuffisante pour faire avancer Le Pen. Le soutien d’extrême droite s’est concentré sur le leader du RN et a laissé le polémiste d’extrême droite Éric Zemmour avec seulement 7 % des voix.

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La candidate des Républicains (partenaires du PP en France), Valérie Pécresse, a obtenu un humiliant 5 %. Les résultats de ce soir confirment non seulement la répétition du même duel (Macron-Le Pen) de 2017, mais aussi l’effondrement des formations qui ont façonné le bipartisme en France pendant des décennies. La droite républicaine et les socialistes totalisent à peine 7 % du soutien. Toute une démonstration du changement d’heure dans le pays voisin.

La participation chute, mais ne coule pas

La participation a baissé en France, mais n’a pas coulé. 74% des électeurs, selon les estimations, se sont rendus aux urnes ce dimanche. Cela représente une baisse de quatre points par rapport au premier tour de 2017 (78%). Après quelques municipales en 2020 et quelques régionales l’année dernière marquées par une très faible participationl’abstention était l’un des facteurs à prendre en compte.

L’élection du chef de l’Etat monopolise la vie politique en France, où historiquement il y a eu un vote massif lors de ces élections. Mais après que la guerre en Ukraine ait éclipsé la campagne médiatique et qu’il n’y ait pas eu de débats télévisés, on craignait que dans ces élections présidentielles le record d’abstention du premier tour de 2002, de 29%, ne soit dépassé. Finalement, la participation était un peu plus élevée qu’il y a vingt ans.

Cependant, l’un des défis de Macron pour le second tour sera de mobiliser l’électorat du reste des partis. Comme ce fut le cas en 2017, une augmentation significative de l’abstention entre le premier et le second tour n’est pas à exclure. En effet, selon les derniers sondages, le leader centriste l’emporterait avec 54% des voix contre 46% pour Le Pen. Le suspense électoral ne s’est pas encore complètement évanoui en France.

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