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Le Pen peut-il battre Macron au second tour des élections françaises de 2022 ?

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Comme en 2017, le second tour des élections françaises du 24 avril opposera l’actuel président Emmanuel Macron et le chef du Regroupement national (RN), Marine LePenmais contrairement à alors, l’élection ne sera pas une chevauchée triomphale pour le premier, mais un duel beaucoup plus fermé est attendu et à ce stade, imprévisible. Avec 27,6% des voix au premier tour, Macron fait figure de favori, face à Le Pen, avec 21,95%. C’est un avantage confortable mais insuffisant pour donner quoi que ce soit au fermé. Une nouvelle campagne débute et s’annonce intense pour les deux candidats, avec une date clé au calendrier : le débat télévisé qui se tiendra le 20 avril.

En 2017, Macron a battu Le Pen avec 66,10 % des voix contre 33,90 %. Le président français ne rêve même plus de ce résultat maintenant, alors que la peur de l’extrême droite a massivement mobilisé l’électorat en faveur du président. Désormais, Le Pen, qui a adouci son image et son discours bien que le fond reste le même, a cessé de faire peur à beaucoup de Français.

Les premiers sondages réalisés après le premier tour électoral donnent au leader entre 51%-54% des voix contre les 46%-49% qu’obtiendrait Le Pen. Ils sont marges trop étroites, tenant également compte du fait que la candidature de Le Pen est en progression ascendante depuis les derniers jours face au déclin que connaît Macron.

Les deux candidats vont faire un effort pour mobiliser l’électorat dispersé au premier tour parmi le reste des candidats et parmi les Français qui ne se sont pas rendus aux urnes. L’abstention, dimanche dernier, a dépassé les 25 %.

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Calculatrice en main, Le Pen a un pool de voix inférieur à Macron. A ses 23% de soutien obtenus, il faut ajouter les 7% de l’autre candidat ultra, Eric Zemouret 2 % des souverainistes Nicolas Dupont-Aignantce qui le situe à 32% des votes déjà assurés.

A ses côtés, trois candidats de gauche, l’écologiste Yannick Jadot (moins de 5% des voix), le socialiste Anne Hidalgo (moins de 2 %) et les communistes Fabien Roussel (2%) ont déjà demandé le vote pour Macron. aussi le conservateur Valérie Pécresse (4,8%) ont annoncé leur intention de voter « en conscience » pour le président. Le soi-disant « front républicain » donne au président actuel environ 41% des voix.

Les électeurs de Mélenchon seront la clé

Le chef de la gauche insoumise, Jean Mélenchon, avec 22% des suffrages obtenus dimanche, va s’ériger en arbitre du second tour électoral et ce sont ses électeurs qui pourront enfin décider du bilan. Mélenchon a demandé de ne pas donner « une seule voix » à Le Pen mais il n’a pas non plus demandé de soutenir Macron.

Et c’est que beaucoup de ses électeurs s’étouffent en soutenant un candidat qu’ils perçoivent comme élitiste et qui, avec ses réformes économiques libérales, a accroché l’étiquette de « président des riches ». À leur tour, de nombreux électeurs insoumis partagent avec ceux de Le Pen leur anti-européisme et anti-atlantisme. Orphelins d’un candidat, une bonne partie de leurs électeurs opteront pour l’abstention, à l’instar des deux derniers appels présidentiels auxquels s’est présenté Mélénchon.

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Les deux semaines restantes de la campagne électorale seront intenses, surtout pour Macron, qui s’est jusqu’ici concentré sur guerre ukrainienne, elle n’est guère descendue dans l’arène politique électorale. Une guerre qui continuera peut-être d’être très présente ces prochains jours avec un président qui va tenter d’exploiter les liens entre le président russe, Vadimir Poutine, et stylo marin. La candidate ultra, pour sa part, poursuivra la stratégie qui lui a donné tant de bons retours jusqu’à présent, en essayant de capitaliser sur le mécontentement d’un président dont le madanto a été marqué par des troubles sociaux.

Contrairement à il y a cinq ans, Marine Le Pen n’est pas la bête brune qui fait peur aux Français, mais une candidate sympathique et accessible qui se soucie de leurs problèmes. Macron n’est pas non plus le candidat jeune et énergique qui a apporté renouveau et fraîcheur à la politique française, mais plutôt un président qui montre déjà l’usure de la gestion et est perçu par une grande partie des Français comme arrogant et distant. Le 20 mai, les deux se retrouveront face à face dans un débat télévisé qui promet d’être à haute tension.

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