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Gaz de Russie : Bruxelles accuse la Russie de vouloir faire chanter l’UE

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D' »injustifié » et d' »inacceptable ». C’est ainsi qu’il a évalué Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyenl’annonce de la compagnie gazière russe, Gazprom, couper le approvisionner la Pologne et la Bulgarie pour ne pas avoir fait le paiements en roubles, comme l’exige Moscou pour contourner les sanctions européennes. « C’est une nouvelle tentative de la Russie d’utiliser le gaz comme instrument de chantage » et montre « une fois de plus » que « la Russie n’est pas fiable en tant que fournisseur de gaz », a prévenu l’Allemand, insistant sur le fait que le Kremlin « a encore une fois échoué » dans sa tentative de diviser une Union européenne préparée à ce scénario et disposant de plans d’urgence.

« C’est une autre initiative unilatérale agressive de la Russie », a ajouté le président du Conseil européen, Charles Michel, resserrant les rangs avec les pays touchés. « Nous resterons unis et nous nous soutiendrons alors que nous éliminerons progressivement les importations énergétiques russes », a-t-il averti à propos de l’élément central de notre stratégie énergétique européenne. La même plainte a été formulée par la Pologne et la Bulgarie, les deux premiers pays de l’UE touchés par l’interruption de l’approvisionnement et auxquels pourraient s’ajouter d’autres États membres dans les semaines à venir.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, a averti que la décision de Gazprom – qui fait l’objet d’une enquête de l’exécutif communautaire pour d’éventuelles distorsions de concurrence et comportements anticoncurrentiels – est « une attaque directe contre la Pologne », mais a clairement indiqué qu’ils étaient préparés à cette urgence et qu’ils avoir des réserves suffisantes. « La situation n’affecte pas les approvisionnements actuels des clients de PGNiG qui reçoivent du carburant en fonction de leur demande », a indiqué la société dans un communiqué.

Le gouvernement bulgare a également expliqué que l’approvisionnement des foyers bulgares est garanti pendant au moins un mois et a accusé Moscou d’utiliser les livraisons comme « une autre arme politique dans la guerre actuelle », a déclaré le ministre de l’Énergie, Alexandre Nikolav, dont le pays dépend à 90 % de l’approvisionnement en gaz russe. Les deux pays ont informé le reste de leurs partenaires de leur situation lors d’une réunion du groupe de coordination gazière, à laquelle participent les Vingt-Sept, et reçoivent déjà des approvisionnements de leurs voisins de l’UE, ce qui montre, selon von der Leyen, « la immense solidarité européenne » et « l’efficacité des investissements passés dans les interconnexions et autres infrastructures ».

Payez en euros, pas en roubles

La décision du Kremlin n’a en tout cas pas pris de court l’UE, qui est « préparée », elle s’est rapidement mobilisée pour apporter une réponse coordonnée et la France, qui assure la présidence de l’UE ce premier semestre, a convoqué le ministres de l’énergie à une réunion d’urgence le lundi 2 mai prochain. « Les États membres ont mis en place des plans d’urgence pour un scénario comme celui-ci et nous travaillons avec eux dans la coordination et la solidarité. Nous élaborons une réponse coordonnée de l’UE », a expliqué von der Leyen, qui a demandé aux entreprises européennes de payer le gaz en euros et non en roubles comme l’exige le président. Vladimir Poutine.

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« Payer en roubles, s’il n’est pas prévu dans le contrat, constitue une violation de nos sanctions. Environ 97 % de nos contrats stipulent explicitement des paiements en euros ou en dollars. Il est donc très clair que la demande de la Russie de payer en roubles est une décision unilatérale non conforme aux contrats. Les entreprises ayant ce type de contrat ne doivent pas accéder aux demandes russes. Ce serait une violation des sanctions et donc un grand risque pour les entreprises », a rappelé le président.

Sixième paquet de sanctions

Pendant ce temps, Varsovie et d’autres capitales font pression sur le reste des alliés pour donner une nouvelle tournure à la politique de sanctions et appliquer un sixième tour qui comprend un veto pétrole et gaz. « Le sixième paquet de sanctions arrivera en temps voulu. Nous y travaillons intensivement. La décision prise par la Russie se nuit essentiellement. Le Kremlin nuit à l’économie russe car il la prive de revenus importants. En tout cas, nous travaillent pour se débarrasser du charbon, comme nous l’avons déjà fait, et aussi du pétrole. Nous travaillons depuis des mois pour réduire la dépendance au gaz russe et cela porte ses fruits », a déclaré von der Leyen.

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Bruxelles négocie depuis des mois avec des fournisseurs alternatifs de gaz naturel, comme États-Unis, Qatar Soit Algérie, pour augmenter le niveau de stockage dans l’UE et réduire la dépendance vis-à-vis de la Russie, d’où elle importe actuellement 155 Gm3, soit 40 % du gaz consommé par l’UE. La stratégie proposée fin mars s’est en effet engagée à augmenter le gaz stocké dans le dépôts souterrains de l’UE jusqu’à 90 % d’ici le 1er octobre dans le but d’affronter l’hiver prochain avec des garanties.

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